Les dindons de la farce…

Sur leurs dernières factures d’eau (2ème semestre 2017), les usagers d’Héricourt, ont pu se rendre compte de l’application des tarifs négociés entre la municipalité et le délégataire Véolia avec le nouveau contrat.

Comme tout un chacun, dans un premier temps,  on a pu se réjouir de voir qu’à consommation égale la part qui revient à Véolia a diminué de 4,7% par rapport aux tarifs 2016 (pour une consommation de référence de 120 m3).

Mais en fait cela veut simplement dire qu’en 2016 Véolia a plus profité qu’en 2017 à Héricourt.. D’ailleurs, sur les 10 dernières années,  à 7 reprises les tarifs annuels étaient plus importants qu’en 2017.

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Et si on reparlait de la télérelève : 105 000€ l’email d’alerte !

D’après Véolia +de 95% des Héricourtois dispose du service de télérelève (rapport annuel du délégataire 2016 présenté le 02 octobre en conseil municipal).

  • 3427 abonnés ont accès au service
  • 1041 abonnés ont un espace client (service internet)
  • 7 abonnés ont paramétré des alarmes personnel sur l’espace client (alarmes personnel : c’est écrit tel quel dans le rapport de Véolia)
  • 2 abonnés ont reçu une alarme fuite par email suite à leur paramétrage de service client

C’est la première année que Véolia nous informe sur les usages de la télérelève par les abonnés… ce service n’était donc pas utilisé par les abonnés depuis sa mise en service courant 2014 ?

Rappel d’une déclaration du maire faite le 26 septembre 2014 dans le Journal l’Est Républicain :

« Dans le cadre de la renégociation du contrat d’eau potable en 2011, la Ville a négocié avec Véolia Eau, la mise en place de ce service novateur et gratuit facilitant la gestion de sa consommation d’eau » cadre Fernand Burkhalter, le maire d’Héricourt.

Nous avons déjà parlé de la gratuité à environ de 210 000 € de la mise en place de la télérelève (voir l’annexe 6 du contrat d’affermage de 2011).

0,2% d’abonnés… 2 emails… 210 000 €

Ce service novateur tant attendu par les usagers n’est au final utilisé que par 0,2% des abonnés et a coûté 210 000 € aux usagers.. pour envoyer 2 emails d’alerte : ce qui nous fait 105 000 € l’email !

Certains élus en 2011, au moment de la signature du contrat avec Véolia,  ont dû se féliciter de  voir l’usage que les abonnés allaient pouvoir faire de ce service. Peut-être que d’autres élus, en 2016, ce sont dit que pour que les abonnés continuent à bénéficier de ce service en 2017 il fallait continuer avec Véolia…

Plan de sauvegarde de l’emploi chez Véolia Eau France – 572 emplois supprimés d’ici 2020 : la faute aux régies publiques ?

En juin dernier Véolia EAU annonçait un plan de sauvegarde de l’emploi en France..  c’est un plan qui verra 572 emplois supprimés d’ici 2020. Un millier de postes sera également soumis à mobilité géographique. Le nombre de centres de Service client ramené de 10 à 3 d’ici 2019.

Les collectivités locales qui négocient à la baisse le tarifs pratiqués par Véolia et celles qui décident un passage en régie publique seraient la cause de ces annonces faites en juin 2017 par les dirigeants de Véolia EAU… Et même la loi Brottes participerait à ces mesures (pour mémoire la loi Brottes interdit les coupures d’eau ou les baisses de débits en cas d’impayés d’usagers).

(source https://www.capital.fr).

Quelques chiffres que l’on peut trouver sur le site de Véolia

En 2016 le chiffre d’affaires de Véolia était de 24 390 M€ (46% réalisé par la branche métier de l’eau) dont 2 920,2 M€ Pour Véolia EAU France.

Le chiffre d’affaire de Véolia du 1er semestre 2017 est en augmentation de 4,4% par rapport au 1er semestre 2016 (+1% pour le secteur eau).

En 2015 le dividende versé par action était à 0,73 € (montant total versé : 401 183 799 €). En 2016 il était à 0,80 € soit une augmentation de 9,6% (+ 38,5 M€ environ).

La faute aux régies publiques, aux mauvais payeurs ou aux actionnaires?

D’après Véolia (Document de référence 2016 Rapport financier annuel) :
Le marché français de la Délégation de Service public (DSP) en matière d’eau et d’assainissement est aujourd’hui un marché mature mais stabilisé après plusieurs années marquées par des retours en régie municipale et des baisses significatives des tarifs. De plus, le modèle contractuel de la DSP reste de plus en plus contraignant (durée – impayés – loi Brottes) induisant des coûts croissants pour le délégataire.

L’eau n’est pas une marchandise comme les autres, c’est un besoin vital de l’humanité, il aura tout de même fallu une loi pour interdire les coupures d’eau dans les résidences principales en cas d’impayés.

On promet pendant ce temps aux actionnaires une augmentation de leur dividende… et ce sera plus facile en supprimant 572 emplois en France.

État des lieu des mode de gouvernance de l’eau dans la communauté de communes du Pays d’Héricourt

Au 1er janvier 2020 au plus tard  la loi NOTRé (Nouvelle Organisation Territoriale de la publique) rend obligatoire le transfert des compétences eau & assainissement aux EPCI (donc au communautés de communes).

Voici un état des lieux de la gouvernance de la compétence eau des 24 communes de la CCPH (Communauté de Communes du Pays d’Héricourt) à l’heure actuelle.

Voir note d’information sur legifreance.gouv.fr [PDF]

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La fin des pénalités de retard ?

Dans les années à venir, un usager des services publics de l’eau et de l’assainissement d’Héricourt pourra toujours être considéré comme un mauvais payeur s’il envoie son règlement, cachet de la poste faisant foi,  avant la date limite imposée par Véolia.
En effet il pourra recevoir une première relance si Véolia n’encaisse pas le chèque avant la date indiquée. Cependant, La pénalité de retard sera annulée s’il règle avant la deuxième relance.

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